L'artiste

Biographie #09


Première époque :

« Comment l’artiste Commandant RoSWeLL pénétra au cœur des traditions estudiantines, et pourquoi? »

Baptême

Est arrivé enfin le moment tant attendu : le baptême s’annonçait!

Lieu identique à celui du Roi des Bleus, thème connu.

On nous a ordonné de nous réunir par groupes de six ou huit afin de mettre en scène un sketch muet, aux attitudes salaces et drôles, afin de distraire le public. On était au courant que pendant ce temps, nous serions clashés. Le verbe «clasher» évoque le fait d’être recouvert de «clash», substance concoctée par les comitards et dont les ingrédients peuvent varier.

En 1989, la clash du CEA fut composée essentiellement de feuilles d’arbres ramenées par les bleus, et de bleu de méthylène!
Je m’étais aussitôt investi dans les rôles de scénariste et de metteur en scène du groupe des papous. Une contrainte, dans chaque groupe, nous devions mettre en avant la Reine et le Roi des bleus.

Le sketch était basique, puisque l’on attrapait le couple royal, on le ficelait à un totem en forme de phallus, et les papoues devaient danser autour.

Le sexe du Roi, par un habile stratagème de cervelas mis en ceinture et attaché à un dispositif à base de fil de pêche, se mettait en érection. Je me saisissais d’une véritable hache et je tranchais le sexe érigé avant de le jeter dans la foule en délire.

Joli sketch dont aucun spectateur n’a perçu la richesse du scénario, allez savoir pourquoi…

Fin de la première époque

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Biographie #08


Première époque :

« Comment l’artiste Commandant RoSWeLL pénétra au cœur des traditions estudiantines, et pourquoi? »

Bleusaille artistique

Mon approche de la bleusaille se fit dans la joie de découvrir les délices raffinés du bizuthage. Comme le disait mon carnet de bleu – petit livret comprenant les tâches que doit effectuer un bon bleu – «Le comité de baptême n’a JAMAIS signé la Convention de Genève : Tu vas en chier, bleu!».

Dans la pratique, le comité en question était plutôt sympathique, et très vite je commençais à imaginer de mettre un thème à toute la bleusaille, et pas seulement au baptême. J’étais parti dans des délires d’une bleusaille médiévale avec des jeux inspirés des tournois d’antan.

Mes talents de dessinateur étaient connus. Si bien que mon président m’avais ordonné de dessiner l’affiche de baptême (avec une mise en page saccagée par les comitards).

Affiche de baptême du CEA 1989

C’est ainsi qu’ Indiana Jones se retrouvait ressemblant au Roi des Bleus.
Mais pourquoi Indiana Jones? Lors de l’anniversaire du cercle, le président était encore en voyage en Amazonie, laissant le soin à son comité de tout mettre en place en son absence. A son retour, ce surnom lui était temporairement attribué.

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Biographie #07


Première époque :

« Comment l’artiste Commandant RoSWeLL pénétra au cœur des traditions estudiantines, et pourquoi? »

Initiation de choc

J’avoue qu’intégrer un cercle naissant m’avais un peu ennuyé dans le sens où j’en voulais!


En effet, un cercle de deux ans à peine n’avais pas d’équipe d’anciens pour corriger les erreurs, ou pour prendre le relais, ni suffisamment de plumes ou de poils (entendez d’étudiants baptisés) pour jouer aux assistants sociaux. Mais bon, le président était un chef scout et, dans l’ensemble, ça s’en ressentait. Ce qui me rassurait, c’est qu’ hormis les comitardes baptisées au CEA l’année d’avant, le reste était passé par les mains de l’ULB, et donc nous ferait passer un baptême de type «ULB».
La recherche de poissons rouges placés dans un bassin public par nos comitards, le saute-mouton, nous préparaient à recevoir la farine et les œufs. Les jeux de lutte sur une bâche couverte de sirops gluants, d’huiles, de farine, ou les gueules-en-terre répétitifs nous amenaient petit à petit au dénouement de l’affaire : le baptême.


Dans l’ensemble, ce fut un baptême extrêmement soft comparé à ce qui s’est pratiqué vers les années 1995. Mais aussi mieux pensé, puisqu’une activité ne ressemblait pas à la précédente (l’ingestion de trucs dégueulasses se déroulait lors d’une seule activité, par exemple). La traditionnelle descente en ville servait à aller vendre le package des bleus aux bourgeois de la Grand-Place, et les chants gaillards -quoique déjà appauvris par rapport à leurs ainés – restés coutumiers.

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Biographie #06


Première époque :

« Comment l’artiste Commandant RoSWeLL pénétra au cœur des traditions estudiantines, et pourquoi? »

Roi des bleus

Ma première activité au sens strict, fut le Roi des Bleus. Il s’agit d’un concours de cul-secs de bière. Celui-ci se passait dans une salle située au-dessus du café de cercle, en plein dans la gare du nord de Bruxelles. Trois ans plus tard, ces locaux seront transformés en bureaux et le sont du reste toujours!


Je n’aimais toujours pas la bière mais je me décidais à essayer de tirer mon épingle du jeu malgré tout.
Nous voici en lignes, dix bières devant nous. Un comitard nous fait comprendre que vomir pendant un tour était éliminatoire. Que le mieux était d’éviter le gaspillage, et donc de ne pas vomir! Toutefois, en cas de besoin, un fut était placé dans la salle malgré tout.
Premier tour : je battais en vitesse pure toute la rangée qui m’accompagnait : une chope, deux chopes, trois chopes, et là, une bulle me reste coincée dans l’estomac, m’empêchant de poursuivre la lutte.

Forfait, donc.


Le gars qui était juste à mes cotés dans ce tour restait vainqueur tout du long et fut désigné «Roi des bleus». Sa Reine et lui gagnaient leur alto, offert par le cercle, lui fut exempté de scarification capillaire (rasage ou tonte) et une place privilégiée sur la scène du baptême leur fut réservée.

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Biographie #05


Première époque :

« Comment l’artiste Commandant RoSWeLL pénétra au cœur des traditions estudiantines, et pourquoi? »

Rite de passage

En 1989. L’année précédente mon meilleur ami s’était fait baptiser à Gembloux et je n’avais pas de nouvelles de lui.


Mon envie de les approcher ne faisait que croitre au fil des ans, et je profitais d’une conquête baptisée pour incorporer – avec une ex qui était comme moi à l’Académie des Beaux-Arts – le jeune cercle où ma copine débarquait. C’était le Cercle des Étudiants en Alternance, qui en était à sa deuxième année.


Je les approchais (après négociations préalables) lors de l’anniversaire du cercle au café «La Bécasse». La soirée était arrosée au Lambic doux, sorte de bière sans bulles et très sucrée, typique de l’endroit. Je fus, après renseignements sur ma scolarité et mes motivations à les rejoindre, accepté parmi les bleus.

L’ambiance était réjouie et l’on nous appris le

«Chant du CEA» :
Air : «L’araignée Gipsy»
C’est au CEA que l’on fait ripaille(u)
Si tu n’y es pas, tu manques la guindaille(u)
Le soleil se lève. On est toujours là!
Qui ça? CEA!


Je ne suis quand même pas fâché que ce chant ait un peu disparu des mémoires.

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Biographie #04


Première époque :

« Comment l’artiste Commandant RoSWeLL pénétra au cœur des traditions estudiantines, et pourquoi? »

Prémices graphiques

Mai 1989. J’habitais avenue de Boondael depuis peu, dans une simple chambre assez vaste pour pouvoir jeter au sol un matelas et installer ma table à dessin monumentale.

C’est en faisant la connaissance d’une voisine qui étudiait à sa fenêtre que mon destin allait me permettre d’approcher enfin ces «étudiants».

J’ai commencé à réaliser des illustrations de «tabliers de guindaille». Le tablier de guindaille (appelé aussi tablard, est une blouse de laboratoire affublée de peintures de guerre, d’inscriptions en tout genre et se doit d’être d’une propreté relative puisqu’il est interdit de le laver).

C’est ainsi que, de fil en aiguille, j’ai tenté d’aborder ma cible.

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Biographie #03


Première époque :

« Comment l’artiste Commandant RoSWeLL pénétra au cœur des traditions estudiantines, et pourquoi? »

Illumination

Par un beau mercredi de novembre, je passais l’après-midi à la bibliothèque de l’Académie des Beaux-Arts de Bruxelles à discuter Histoire de l’Art avec une copine.
Après deux heures et demie de recherches dans différents livres, nous en sommes venus à la conclusion que la plupart des peintres avaient un sujet de prédilection :
Cro-magnon et ses bisons, Lautrec et ses bistrots, Degas et ses danseuses, Delvaux et ses gares, Van Gogh et ses tournesols, …


Bon, je n’ai pas dis que nos jugements étaient très affinés. Donc, lorsque je quittais la bibliothèque vers dix-sept heure, j’avançais droit devant moi, perdu dans une recherche sur ce qui me motiverait à peindre.


Je faisais le tour de mes affinités à commencer par mes lectures d’alors : Lovecraft, Thomas Owen (que j’eus l’honneur de rencontrer plus tard), Jean Ray, etc. mais le fantastique, tout comme l’heroïc fantasy que je connaissais par les jeux de rôles, étaient des voies déjà bien usés à l’époque.


Revirement d’intérêts, je pensais alors à ce qui pouvait me définir : des dessins de mes amis, des scènes fugaces et amusantes. Je rebondissais alors sur le carnaval de Dunkerque, qui est un aspect de mon vécu comme de ma culture.

J’allais m’engouffrer sans regarder dans Plattesteen quand je bloquais devant une scène aussi marquante que ce carnaval auquel j’en étais arrivé.

Des camions remplis d’étudiants se servant de la bière à flots. Je buguais un instant avant de réaliser que nous étions le 20 novembre, jour de la Saint-Verhaegen. Et, restant planté à même le trottoir pendant quelques minutes, une évidence surgit de mes pensées : «C’est ça que je veux peindre!»


Il ne me restait plus qu’à trouver comment entrer dans cette communauté, puisque l’Académie ne baptisait pas à ma connaissance, et que je n’étais sommes toutes qu’au niveau secondaire dans mon parcours scolaire.


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