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La pratique de l’artiste 5/6


Méthode de travail … artistique

Le contexte est alors pris comme base d’un univers qui servira de base à la création d’un roman plastique.

Le roman plastique est une méthodologie permettant de réfléchir une œuvre plastique sous un angle d’écriture scénarisé, et de travailler l’ensemble composé d’histoire, de socialité, de mythes, de décors, de costumes, d’objets, comme autant d’éléments fondamentaux de la narration, et dans un même temps, que chacun d’eux soit considéré comme une œuvre à part entière. La création du roman plastique s’inscrit dans la philosophie d’un art à la fois social et symbolique, permettant de proposer des alternatives idéalisées, mais viables, dans l’optique d’améliorer le quotidien.

Tocquarde à la coiffe,commandant RoSWeLL, 2015, crayons de couleur

Je présente la tradition des Tocquards. Celle-ci est, nous l’avons vu, fictive et compose mon travail d’art proprement dit. Fictive, pour plusieurs raisons, mais la principale est de me permettre de tout évoquer – du plus léger au plus grave –sans que telle association ou telle corporation se voie accuser de bizutage.Cela possède l’avantage non négligeable de ne pas dénaturer l’efficience durite auprès de quelqu’un s’apprêtant à le vivre – car à trop savoir de choses sur les rites coupe la fonction même de celui-ci.

Ainsi, mon projet va-t-il s’étoffer par la création d’une exposition itinérante associée à une chaîne de courts clips vidéo transmettant de façon ciblée les aspects de ma recherche.  C’est toute une ligne du temps qui va se créer au fil des époques évoquées.

L’exposition itinérante se rendra  idéalement d’université européenne en université européenne, peut-être sous un label  fictif de « fédération des universités partenaires à la compréhension et à la réflexion de la meilleure façon de perpétuer éthiquement les rites d’agrégation.» ? L’exposition sera composée d’artéfacts réels issus des rites d’agrégation étudiants, et d’art dont la forme entremêlée laisse l’illusion d’un cheminement anthropologique vers la compréhension d’un rite particulier : celui des Tocquards.

La tradition des Tocquards est donc elle-même mythifiée par l’artiste, qui s’arrange de plus en plus souvent pour la faire vivre en dehors de sa présence, comme le prêt d’une tocque à des complices se rendant en congrès festifs d’étudiants ritualisés, et produisant en retour des photos in situ, prises sans aucun contrôle. 

Ainsi, sur une photo reçue, une demoiselle se présente le torse dévêtu, faisant et portant la coiffe. Sa tenue, et son attitude démontre une volonté d’aguicher, mais aguicher qui? Ni le photographe, ni l’homme à côté d’elle, qui sont mes ambassadeurs lors de ce congrès étudiant et dont j’ai reçu le témoignage, ni la personne en présence de la photo qui ne peut recevoir cette vue en prenant cela comme une invitation. Il s’agit d’une posture, à l’image des ménades, ayant rejeté toute norme civilisatrice, mais juste le temps de la fête, avant de rentrer dans le rang. Cela démontre que dans les traditions d’agrégation,idéalement et donc dans la plupart des cas, le respect d’autrui sans condamnation de sa façon d’être ou de ses mœurs est de mise, comme personne ne prendra une tenue légère pour un appel au viol.

Il est encore une fois important de prendre acte le principe d’inversion des valeurs. Cela n’ôte rien au risque représenté de non contrôle de soi sous influence d’alcool,entraînant des actions pouvant se révéler dommageables pour autrui ou poursoi-même. Mais ces traditions ont pour tâche d’apprendre à leurs novices à ne pas franchir les limites par une meilleure connaissance personnelle acquise dans les marges. 

Nous le voyons, l’expérimentation artistique amène de nouveaux éléments à exploiter de façon plus scientifique.

Dans le registre qui m’occupe, la multiplication de documents visuels semblant de plus en plus réels, et se multipliant au gré des différents mediums, sera par voie de conséquence, tributaire de la recherche, et la recherche sera également informée des éléments utiles apparus dans le champ de l’expérimentation artistique.

La volonté de l’artiste de situer l’origine de la tradition des Tocquards dans la Normandie médiévale par une survivance d’une corporation réelle, ayant vécue quatre centenaires, permet aussi d’asseoir des références dans un rayonnement régional.

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